Animation et Toy Design 1986 - 1995 (Quatrième partie)

Vous le savez sûrement déjà, mais chez Artoyz, on est plutôt friands de films d'animation. Qu'ils soient d'un temps ou la couleur n'existait pas sur les écrans, ou d'une époque plus récente dans laquelle la guerre des particules et rendu 3D est ouverte, les films d'animation sont un pan essentiel du 7e art, d'autant plus en France qui est une terre fertile sur ce domaine.

De ce fait, nous avons eu envie de nous intéresser à l'histoire de l'animation de sa création à aujourd'hui, et de comment l'animation inspire le milieu du toy design.

Ce dossier est la quatrième partie d'une série d'au moins cinq articles (l'auteur de ces lignes n'étant actuellement pas encore certain du nombre d'articles nécessaires pour rendre digeste cette grande épopée animée).

Si les informations ci-dessous proviennent de plusieurs sources et connaissance personnelles, il est important de citer le site de l'université populaire des images qui fut d'une aide plus que précieuse avec sa frise chronologique absolument fascinante.

 


1988 : Une année charnière.

"En mille neuf-cent quatre-vingt-huit, on a tous envie de rêver.
Parler de la révolution même si elle ne viendra jamais." Chantait le groupe Mickey 3D dans la chanson 1988. Pourtant, si socialement, on peut en effet se questionner sur la révolution en cette sainte année, du côté de l'audiovisuel, on est sur une année qui va changer la face de l'animation à tout jamais.


Si chez Disney, on continue le rythme de croisière avec le long-métrage annuel, le studio n'est toujours pas sortie de son impasse artistique et bien qu "Oliver et Compagnie" ne peut être qualifié d'échec commercial, il est assez froidement reçu par le public et essuie encore les plâtres d'un Taram et le chaudron magique qui a porté un sale coup à l'image du studio (et ce, malgré d'indéniables qualités).

En cette même année, un ancien animateur de Disney ayant fait sécession obtient un succès monstrueux avec Le Petit Dinosaure et la Vallée des merveilles. Son nom : Don Bluth. Créateur du jeu à succès Dragon's Lair en 1983, et réalisateur de Fievel et le nouveau monde, énorme succès de 1986, Bluth fut autrefois animateur sur Robin des Bois, Rox & Rouky ou encore La Belle au bois Dormant.

 

Produit par Steven Spielberg (qui réalisera quelques années plus tard un autre film de dinosaures qui marquera l'histoire) le film est une affirmation de la fin du monopole de la firme de Burbank.

Si cette période de doute chez Disney vous intéresse je ne peux que vous recommander le formidable documentaire Waking Sleeping Beauty qui raconte la descente en enfer puis la renaissance du studio entre 1984 et 1994.

1988 c'est aussi l'année ou un certains Robert Zemeckis se penche sur le berceau de l'animation avec Qui veut la Peau de Roger Rabbit. Sortant du colossal succès de Retour vers le futur, Zemeckis réussit l'impensable : réunir plusieurs licences venant de studios différents (Warner/Disney notamment) grâce à une habile production de Touchstone (filiale de Disney) et Amblin (studio de Steven Spielberg qui décidément ne chôme pas à la fin des années 80).

Et si, comme votre serviteur, vous êtes mordu de ce film, sachez que nous vous proposons des reaction figure à son effigie.



Retrouvez les ici

 

Si en Occident nous avons donc quelques belles choses, c'est bien du côté de l'Orient que 1988 est un choc. Après le château dans le ciel en 1986, Ghibli dégaine deux chefs d'œuvre coup sur coup : Mon Voisin Totoro d'un coté et le Tombeau des Lucioles de l'autre. S'ils arrivent en France respectivement en 1999 et 1996 (il faudra attendre le voyage de Chihiro pour que l'écart entre la sortie japonaise et internationale se réduise.), les films sont l'affirmation que Ghibli est déjà un grand studio, que ce soit commercialement (avec l'immense succès de totoro) ou artistiquement (avec les critiques dithyrambiques du Tombeau des Lucioles).

Je vous renvoi d'ailleurs à l'excellent livre Hayao Myiazaki si vous souhaitez creuser le sujet.

Il est disponible juste ici.

 

On reste au cinéma, mais cette fois avec un film qui n'est pas des studios Ghibli : Akira. Projet à la base désintéressé d'Otomo, il devient rapidement culte au point d'être, aujourd'hui encore, considéré comme un des meilleurs film animé de tous les temps.

Si vous n'avez pas vu Akira, arrêtez tout et foncez le voir. Si vous l'avez déjà regardé en revanche, peut-être qu'Otomo Katsuhiro Posters X Graphic Design est un livre qui vous intéressera.

Il est disponible ici

 

Passons sur petit écran cette fois avec, entre 1986 et 1988 au Japon et entre 1988 et 1995 chez nous, la diffusion d'une série phénomène : Dragon Ball.

153 épisodes, 4 OAV et autant de films, un nombre incalculable de produits dérivés, des polémiques en Europe sur la violence des dessins animés japonais, et plusieurs séries plus tard, on peut l'affirmer sans aucun doute : Dragon Ball est LE phénomène de la fin des années 80 et du début des années 90.

Et qui dit phénomène dit figurine. Ca tombe plutot bien puique nous avons un univers entié dédié à la saga de Toriyama.



Tout l'univers de Dragon Ball

 

Des changements de techniques.

Nous sommes désormais en 1989, la guerre froide est sur le point de s'achever, une fois encore un film de Don Bluth (Charlie) se retrouve en face d'un film Disney (La Petite Sirène), pour la première fois un film Babar débarque sur les écrans avec Le triomphe de Babar, un sixième film Astérix arrive sur nos écrans, un nouveau Myiazaki sort aussi au pays du soleil levant bref ça ressemble fortement à l'année précédente.
Pourtant un studio du nom de Aardman va populariser l'utilisation et du stop motion et de la pate à modeler avec un court métrage intitulé A grand day out et l'introduction de deux personnages maintenant culte : Wallace et Gromit.

Quelques années plus tard, Disney, Henry Selick (dont nous reparlerons plus tard au moment d'évoquer Coraline), et Tim Burton donneront une nouvelle mise en avant de cette technique avec l'Étrange Noel de Mr Jack.

Une fois encore nous avons de quoi satisfaire les fans du film avec des reaction figure reprenant les principaux personnages du film.

Retrouvez les ici

Et quitte à rester dans l'animation en stop motion, il serait criminel de ne pas évoquer le travail d'Adam Elliot, qui, en deux films, a prouvé qu'il était un maître incontesté et incontestable de l'animation.

1989 toujours avec l'apparition sur petit écran d'une famille que vous connaissez bien et qui peuple encore aujourd'hui les télévisions du monde entier : Les Simpson.

Et vous me voyez arriver avec mes gros sabots en vous disant sûrement "Oh, mais il va encore essayer de nous vendre des figurines"... Et bien vous avez complètement raison.

 

Retrouvez tout l'univers des Simpson ici

Pendant plusieurs années, le cinéma est à un rythme de croisière avec les mêmes clients revenant inlassablement (Ghibli/Bluth/Disney). Entendons-nous bien, il n'y a rien de scandaleux à ça surtout que de grands films sont sortis de cette période (Aladdin, Porco Rosso, Pompoko, Batman contre le fantôme masqué), ce n'est juste techniquement pas révolutionnaire et on va donc utiliser une ellipse très utile pour atterrir directement en 1995.

Pourquoi 1995 ? Et bien parce que sort un petit film intitulé Toy Story et qu'il va revolutionner le cinéma.

 

S'il n'est pas le premier film entièrement fait par ordinateur (l’ordinateur est utilisé dès les années 1970 par des animateurs comme Peter Foldès, John Whitney ou John Halas.) il est en revanche le premier long-métrage entièrement réalisé en image de synthèse.

Retrouvez tout l'univers Toy Story ici

 

Il est désormais temps de nous quitter, on se retrouve bientôt pour une cinquième partie centrée sur les impacts de Toy Story sur les films suivant, la diversification des supports ou encore la concurrence sauvage entre Disney et Dreamworks.

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