La folle ascension du Be@rbrick

Medicom est une société japonaise spécialisée dans la création de figurines et produits dérivés. Ils développent de nombreuses licences internationales emblématiques (de StarWars aux Rolling Stones), des collaborations avec des fondations d’artistes comme Andy Warhol, Keith Haring, Jean-Michel Basquiat ou Jackson Pollock… et ils sont également rapidement devenus le faire-valoir de marques iconiques telles que Suprême, Nike ou Pepsi.

Le be@rbrick, c’est quoi?

Fabriqué à base de plastique ABS, le Be@rbrick a une forme unique, seul son Design change au gré des projets, qu’il s’agisse de projets d’artistes, d’entreprises ou de marques.

Il existe différentes tailles de Be@rbrick, représentées par des pourcentages. Le Be@rbrick basique mesure 70mm, c’est le 100%, mais il existe dans d’autres formats : les 50% (porte-clés), 200%, 400% et 1000%. Les 400 et les 1000% sont les pièces de choix.

Les Be@rbricks sont aussi représentés sous forme de séries, au nombre de 2 par an : la collection été et la collection hiver. Toutes les éditions de Be@rbrick sont limitées, il est rare qu’ils soient ré-édités. Chaque série comporte 4 différents types de Designs : Basic, Artist, Secret et Standard. Dans les Standard, on retrouve des thèmes récurrents comme le Jellybean, le Pattern, le Flag, le Horror, le SF, le Cite, l’Animal et le Hero.

Toutes les séries sont vendues dans des boîtes aveugles, de telle sorte que les heureux acheteurs ne peuvent savoir ce qu'ils obtiennent qu'à l'ouverture de la boite. Chaque boîte contient une figurine, ce qui fait qu’il est assez difficile de rassembler une collection complète. Cela explique en partie la fascination et le succès du Be@rbrick. Les boîtes sont présentées dans un display contenant 24 boîtes.

Son histoire, sa résonance :

Medicom a été créée en 1996 par Tatsuhiko Akashi, alors qu’il travaillait dans l’informatique. Rapidement, il crée une figurine dénommée le Kubrick, en forme de Lego et en hommage à Stanley Kubrick.

C’est un tel succès que les organisateurs de la World Character Convention de Tokyo sollicitent Akashi pour concevoir des « Toys » dès 2001. S’ensuit une multitude de demandes et face à l’impossibilité d’y répondre, Akashi décide de créer un modèle articulé unique qui, à l’image d’une toile, servira de support pour les différentes créations. Il décide alors de mettre un ours sur la tête du Kubrick - l’ours en peluche fêtait son 100ème anniversaire en cette année 2001 - et c’est ainsi qu’est né le Be@rbrick ! La première série sort en aout 2001 et la toute première collaboration, avec le disquaire HMV de Tokyo, sort un mois plus tard. Cette année là, les créations sont très orientées « jouets », avec Toys ‘R’ Us notamment. Pour la Hype, c’est Stussy qui actionne le détonateur en mai 2002. Kaws, Futura et Nike lui emboitent le pas… la romance avec le Streetwear prend date et le Be@rbrick en devient l’étalon. Evénements, anniversaires, sorties… le Be@rbrick est de toutes les fêtes.

En 2007, le gala au profit de la Hong Kong Blood Cancer Foundation organisé par la maison de vente aux enchères Bonhams à Hong Kong, décloisonne encore plus le Be@rbrick et le place sur un piédestal. Lors de l’événement intitulé «LOVE IS BIG, LOVE IS BEARBRICK», des Designers des maisons Chanel, Cartier, Hermes, Coach, Missoni, Moschino, Paul Smith… s’approprient le Be@rbrick et proposent des versions qui seront, pour certaines, vendues jusqu’à 10 000 $. Les frontières entre la haute couture et la Streetwear sont alors ouvertes.

La haute couture s’est trouvé un nouveau public est s’est familiarisée avec une économie unique et singulière, celle du « Collectible ». Un des Be@rbrick le plus connu (et le plus recherché aujourd’hui encore) est celui qui a servi à décorer les vitrines des boutiques Chanel à travers le monde. Il représente Coco Chanel en tailleur et collier de perles. Il n’a jamais été mis en vente, juste offert aux meilleurs clients, il est côté entre 20 et 30.000 dollars sur les sites de revente.

Historiquement influencé par les cultures urbaines et plus précisément le Hip-Hop US, le Be@rbrick est donc devenu, après 2 décennies l’icône la plus représentative du Streetwear. Des marques comme Bape, Stussy, Fragment Design ou encore Staple s’en sont fait une spécialité. Et le luxe n’est pas en reste avec Chanel, Hermès, Comme Des Garçons, Undercover, Sacai … qui s’entourent souvent d’artistes de renom à l’image de Kaws, Futura, Takashi Murakami ou Hebru Brantley.

Comme Kaws, avec ses «Companion» et les «BFF», tous ces artistes qui se sont d’abord essayé au Be@rbrick au début des années 2000 ont tous fini par créer leurs propres personnages.

Le Be@rbrick n’en demeure toutefois pas moins essentiel, c’est l’étalon-or du Toy Design. Il ne s'aligne sur aucune marque, aucun style, il dénote par sa simplicité, sa singularité et c’est bien là sa force. Et ni les digressions en cristal rouge ou en porcelaine du Designer Hiroshi Fujiwara (Fragment Design) ou les nombreuses sculptures en bois de l’ébéniste émérite Japonais Karimoku ne réussiront à entamer l’image singulière de l’ourson, elle ne s’en trouve que renforcée.

A la croisée de l’art, de la mode, de la culture et de l’amusement, avec sa forme simple et familière, les Be@rbrick séduisent tout le monde, sans distinction de sexe ou d’âge, et quelque soient les interprétations! Chaque nouvelle collaboration présente le jouet à une nouvelle génération de collectionneurs, cela explique en partie sa longévité.

Le Be@rbrick a aujourd’hui 20 ans et il est toujours aussi fringant!

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