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Gaston Lagraph ou l'histoire de Banksy.
19 févr.
ART
Gaston Lagraph ou l'histoire de Banksy.

Le street art, où « Art urbain » dans la langue de Molière, est un mouvement artistique dont on peut voir les premières ébauches dans les années 60 que ce soit avec les performances d’Yves Klein ou les grafs de Basquiat et ses amis sous le pseudonyme SAMO. Mais si nous reviendrons sûrement un jour sur les débuts du street art, ici nous nous intéressons à un artiste de la fin des années 90 et surtout des années 2000 : Banksy.Anglais de son état, le jeune Banksy fait parti d’un groupe de graffeurs, le Bristol’s DryBreadZ Crew, et se créer une petite réputation à la fin des années 90 avec notamment la fresque The Mild Mild West.
Nous le retrouvons ensuite en 2003 pour la pochette du septième album de Blur : Think Tank. Avec 20 000 exemplaires vendus en première semaine aux Etats-Unis et dans le Top 10 Anglais pendant plus de 20 jours, cette pochette fait passer Banksy d’artiste underground à artiste tout court aux yeux du grand public, ou en tout cas d’un public peu familier de la culture urbaine.
À cette période, on peut aussi citer, les billets Banksy of England, et les détournements d’artistes classiques, mais c’est plutôt sur son coup d’éclat de 2005 avec le projet « Santa’s Ghetto ». Le projet est simple : décorer le mur de Bethléem pour « redonner espoir aux Palestiniens ». Avec plusieurs artistes, dont Ron English, ils vont faire de ce mur une fresque gigantesque.
Plusieurs œuvres plus tard, dont un détournement du disque de Paris Hilton, Banksy et le 7e art se télescopent avec le film « Faites le mur ! » . Nommé à l’Oscar du meilleur documentaire et présenté au festival du film de Sundance, le film est globalement bien reçu malgré quelques voix dissonantes dont Télérama (« On ne sait trop qui met en scène ni quel crédit accorder à ce qui est montré. ») et d’autres médias qui ne savent que choisir entre le brillant documentaire ou la vaste arnaque.
En 2015, il ouvre un Disneyland complètement déviant sous le nom de « Dismaland » et y présente ses œuvres ainsi que celles d’une cinquantaine d’autres artistes. Prolifique, encore aujourd’hui, Banksy a la particularité d’être, après trente ans de carrière, encore anonyme. Cependant, quelques hypothèses ont vu le jour et il pourrait s’agir de Robert Gunningham, un graffeur de Bristol. Il pourrait aussi être Robert Del Naja, leader de Massive Attack et donc pape de la mouvance Tri-hop, mouvance qui a vu le jour à Bristol. Enfin, dernière hypothèse en la personne de Jamie Hewlett, dessinateur de la bande dessinée Tank Girl et du groupe Gorillaz.
Dernier point à aborder, la pérennité de l’œuvre de Banksy et sa commercialisation. Que ce soit « Girl with Balloon » qui s’est autodétruite sous les yeux médusées d’acheteurs lors d’une vente aux enchères chez Sotheby’s à Londres, ou le vol d’une œuvre du mur de Bethléem par un chauffeur de Taxi palestinien, la question se pose depuis des décennies : une œuvre d’art de rue appartient au public, au propriétaire du mur ou à l’artiste ?

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