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Kubrick : De Stanley à Medicom
18 nove.
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Kubrick : De Stanley à Medicom



Kubrick est un nom qui ne laisse personne insensible, cinéphiles avertis comme amateurs de Toy Design. Partons donc à l'aventure avec un petit recit chronologique qui combinera d'un coté Stanley Kubrick, et de l'autre les Kubrick de Medicom.

Nous sommes en 1928, le Ku Klux Klan commence enfin à être réprimé, Calvin Coolidge est le trentième président des Etats unis d'Amérique tandis que Leon Trotski se retrouve exilé par Staline à Almaty. En juillet, le 26 juillet pour être précis, naît à Manhattan un homme qui va changer la face du cinéma, et disons le clairement, du monde. Son nom ? Stanley Kubrick.






Élève médiocre, il ne trouve aucun intérêt en l'école, il préfère les échecs et le jazz, passions de son père et qui les poursuivront toute sa vie. Et puis pour son treizième anniversaire arrive un cadeau qui va changer sa vie : un appareil photo. Il devient rapidement photographe officiel de son collège et devient à 16 ans photographe indépendant pour le magazine Look suite à une photographie d'un vendeur de journaux en larme après la mort de Roosevelt.






Autodidacte et passionné de cinéma, il va se lancer dans le documentaire en 1950 avec deux documentaires dont il est à la fois scénariste, cadreur, ingénieur du son, monteur et réalisateur. Pour son premier documentaire, Day of the Fight, il filme le boxeur Walter Cartier tandis que dans son second, Flying Padre, il suit pendant deux jours Fred Stadtmueller, un missionnaire catholique.










À partir de 1952, il enchaîne en tant qu'assistant réalisateur et réalisateur de deuxième équipe pour divers projets télé donc un omnibus sur Abraham Lincoln et il réalisera un an plus tard son premier documentaire couleur sur la marine marchande : The Seafarers.






En 1953, il emprunte de l'argent à ses parents pour réaliser son premier long-métrage : Fear and Desire. Il fait une nouvelle fois tout dans le film, sauf le scénario confié à un ami poète, et décide de ne pas enregistrer le son avec les images, petite erreur qui lui coûtera la modique somme de 3 000 dollars en post synchronisation. S'il est au début fier d'avoir terminé le projet, il le reniera par la suite et mettra tout en œuvre pour le faire disparaître.






Bien qu'étant un échec commercial, Kubrick va quitter le magazine look pour se consacrer uniquement au cinéma et réaliser, en 1954, le baiser du tueur. Seul scénario original à son actif, le film est encore un brouillon de son cinéma, mais attirera l'attention du producteur James B. Harris.






Ensemble, les deux hommes fondent Harris-Kubrick Pictures et s'engagent dans le premier gros projet de Stanley : L'ultime Razzia. Si on reste dans un film noir tout ce qu'il y a de plus classique, Kubrick fragmente son histoire et relie les morceaux à l'aide d'une voix off.






Si c'est objectivement ce film qui lance la carrière du réalisateur, c'est le suivant qui en fera un grand homme du septième art. Doté d'un budget faiblard et ne convainquant guère les majors, tout bascule pour Les sentiers de la gloire lorsque Harris envoi le scénario à Kirk Douglas qui est déjà à l'époque un acteur reconnu et qui souhaitera faire le film bien que ne croyant pas à une réussite commerciale. Tirant à boulet rouge (sang) sur l'armée française, le film sera largement boudé en europe et suite à la grogne d'associations d'anciens combattants, les producteurs décident de ne pas sortir le film en France. Il ne sortira chez nous qu'en 1975, soit 18 ans plus tard.






Suite à un projet avorté de Western avec Marlon Brando, il va être contacté par Michael Douglas pour terminer le film Spartacus, chose qu'il fera et qui donnera un immense succès auréolé de 4 oscars bien que le film soit aujourd'hui considéré comme un film assez impersonnel pour un Kubrick.






Le film suivant sera tourné en Angleterre pour plusieurs raisons, Peter Sellers ne peut quitter le territoire suite à une procédure de divorce, parce qu'il souhaite contourner la censure américaine, mais aussi parce qu'il trouve que Londres est le deuxième meilleur endroit pour tourner des films après Hollywood. Adapté du roman sulfureux de Nabokov, Lolita déchaînera les passions aussi une fois portées sur pellicule provoquant moult débats et heurts. Ce coté sulfureux fera du film un succès commercial et détruira moralement l'actrice principale : Sue Lyon.






Pour en savoir plus

Il y a quelques semaines, ARTE a consacré un très bon documentaire sur l'œuvre de Nabokov et sur comment elle a été mal interprété, consciemment ou non.

"Lolita", méprise sur un fantasme est disponible gratuitement sur le site d'ARTE


Lolita marquera aussi la fin du duo Kubrick/Harris. Kubrick se lancera alors dans un projet d'une trilogie de science-fiction. Le premier volet sera Docteur Folamour avec une fois encore, Peter Sellers dans la seule et unique comédie de Kubrick. Farce férocement antimilitariste, on y voit des nations prête à se rayer de la carte uniquement par orgueil et bêtise. Une fois encore, le film est nominé aux Oscars pour meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure adaptation cinématographique.






Dernier film en noir et blanc du réalisateur, Dr Strangelove marque aussi une étape sur le temps de confection des films par ce brave Stanley. Entre 1953 et 1964 (11 ans) il a réalisé 7 films alors que de 1965 à 1999 (34 ans) il n'en sortira que six.Ceci s'explique par une volonté toujours plus forte (et lourde à gérer pour les équipes) de perfection et d'une passion pour l'innovation.Question innovation le film suivant se pose-là puisqu'il s'agit d'un monolithe du cinéma de science-fiction : 2001 l'odyssée de l'espace.






Si sur ce simple film il y a de quoi écrire un article d'une longueur démesuré plein d'analyses et de théories, nous n'en ferons ici rien, acceptant d'être sans doute moins pertinent que d'autres pour analyser une œuvre métaphysique de ce calibre.Ce que l'on maîtrise en revanche ce sont les toys et ça tombe bien, 2001 est le film le plus représenté dans notre catalogue.






Commençons avec ce sublime Bearbrick en version 1000 % qui nous parviendra pile à temps pour les fêtes de fin d'année.










Medicom toujours avec deux VCD à l'effigie de Dave Bowman.






Pour finir avec 2001, saluons l'incroyable travail des éditions Taschen qui propose un sublime combo Livre/DVD/Poster du film.

Théorie fumeuse n°1

Et si le dernier plan de 2001 était un message pour le premier d'orange mécanique ? Les similitudes entre les deux plans sont, en tout cas, nombreuses et nous (le rédacteur de l'article tout du moins) fait dire qu'il y a un jeu de miroir entre les deux.

Le dernier film de cette trilogie futuriste est, avec Lolita, l'un des plus sulfureux de son auteur : Orange mécanique.Suivant Alexandre de Large et sa bande de droogs dans une Angleterre futuriste, le film mêle érotisme et ultraviolencee au point d'être déprogrammé des écrans anglais suite à de nombreux incidents dont des menaces de mort reçu par l'auteur du livre original.Il reste un des énormes succès de Warner Bros avec pas moins de 62 semaines à l'affiche.






La encore, c'est chez Medicom toy que l'on retrouvera une sublime UDF d'Alex dans son costume iconique.






Après un projet avorté d'un biopic sur Napoléon, Kubrick se plonge dans le film historique avec ce que l'auteur de cet article considère comme son meilleur film : Barry Lyndon. L'ascension puis la chute d'un jeune Irlandais sur presque trois heures vont demander à Kubrick d'utiliser un objectif initialement conçu pour la NASA afin d'éclairer plusieurs scènes de son film uniquement à la bougie et 300 jours de tournage. Dépassant le budget de près de 10 millions de dollars, le film va aussi définitivement brouiller Kubrick et Ryan O'Neal.S'il est un succès en Europe, il reçoit un accueil très tiède dans les pays anglo-saxons, mais le film reçoit tout de même 4 oscars (meilleure direction artistique, meilleure photographie, meilleurs costumes, meilleur arrangement musical).






Pour se remettre de ce semi-échec, Kubrick va adapter, avec Diane Johnson, un roman de Stephen King, auteur dont les six derniers romans se sont à l'époque vendu à plus de 22 millions d'exemplaires. Pour cette adaptation de Shining, les modifications vont être telles que King ne souhaitera même pas apparaître au générique.






Encore une fois, le film est un échec aux etats unis. C'est aussi sur ce film que Kubrick va entériner sa réputation de maniaque perfectionniste. Errant dans les studios, cheveux longs et cernes monstrueuses, les similitudes avec le personnage de Jack Torrance sont là et ne quitteront jamais la réputation du réalisateur.






Pour en savoir plus

Si vous souhaitez en savoir plus sur Shining et les mystères qui l'entourent, je ne peux que vous recommander le film Room 234 qui est un formidable documentaire.

Citons au passage la figurine The Shocking Shining Super Mario de Fools Paradise qui combine avec gourmandise les univers de Kubrick et de Nintendo.






Voulant réaliser un film de guerre, Kubrick se lance dans l'adaptation de "The short timers" de Gustav Hasford. Détournant une fois de plus l'œuvre pour en donner une vision très personnelle, Kubrick froissera l'auteur, mais ce dernier sera quand même crédité en tant que coscénariste de Full Metal Jacket.






Renouant avec le succès grâce à ce film, Kubrick va pouvoir se pencher sur son ultime long métrage : Eyes Wide Shut.

Théorie fumeuse n°2

Films intellectuels, les longs-métrages de Kubrick ont conduit à des réinventions plus récréatives. Les filiations entre Barry Lyndon et Le dernier des Mohicans ou de 2001 avec Interstellar sont là. Ce ne sont pas les mêmes films et les comparer d'un point de vue qualitatif n'a pas de sens, en revanche les analyser comme des œuvres qui ont puisé chez Kubrick des inspirations pour en sortir des œuvres moins intellectuelles nous semble intéressant.

Sublime film sur le double, le fantasme, et la frontière entre le réel et l'imaginaire, Eyes Wide Shut sortira quelques mois après le décès de Stanley Kubrick en mars 1999 d'une crise cardiaque, et consacra Tom Cruise comme un acteur multi facettes.






Si vous voulez en savoir plus sur l'immense carrière du réalisateur aux quatre films dans le Top 100 de l'American Film Institute, nous ne pouvons que vous redirigez vers l'extraordinaire livre de chez Taschen "Les archives de Stanley Kubrick", qui existe en deux éditions, une massive et une plus réduite.










Finissons cet article sur Medicom Toy avec les figurines Kubrick. Ancêtre du Bearbrick, ces figurines en 100 %, 400 % et 1000 % ont pour logo un hommage appuyé à orange mécanique et, coup du hasard, Kubrick peut être interprété comme la fusion entre le mot japonais Kyu (9 comme le nombre de parties qui composent la figurine) et du mot anglais Brick.






Sur notre site, il nous reste un set de deux figurines de ce type de figurines.





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