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Les Créateurs aux manettes
22 janv.
ARTOYZ
Les Créateurs aux manettes

Si dans des médias plus installés comme le cinéma, la musique ou la littérature le créateur à succès est érigé en star, de son vivant pour les plus chanceux, de manière posthume pour les autres… Dans le jeu vidéo la notion de studio avait tendance à prendre le pas sur la création individuelle. À sa sortie dans les années 80 comme aujourd’hui, Mario est relié à tout jamais à Nintendo et très rarement à Miyamoto ou Tezuka (les créateurs du jeu). Il en va de même pour tout un tas de licences : Tetris est irrémédiablement relié au Gameboy (Gameboy est masculin, oui oui.), GTA à Rockstar, Halo à Xbox, Overwatch à Blizzard ou Megaman à Capcom.

Pour autant, à l’aube des années 2000, un créateur va profiter de la puissance de la Playstation pour proposer une expérience à la frontière du cinéma et du jeux vidéo : Hideo Kojima.

Avec Metal Gear Solid, outre le fait de révolutionner l’infiltration sur console, de casser le quatrième mur avec Psychomantis qui lit vos cartes mémoires ou d’essayer de proposer un scénario touffu et profond, il va se mettre en avant. Non pas comme un technicien, mais comme un artiste. Cette série, c’est la sienne, les mouvements de caméra, ses choix de mordus de cinéma et les blagues graveleuse la preuve de son sens de l’humour régressif.

Cas quasi-unique à l’époque, il profitera de sa notoriété pour repousser toujours un peu plus les limites de son époque. Que ce soit avec Metal Gear Solid 2 et son changement de héros déconcertant (adieu Solid Snake), MGS 4 et sa cinématique de fin de plusieurs dizaines de minutes ou encore le récent Death Stranding et son parti prit radical couplé à pléthores de caméos tel que Nicolas Winding Refn, Léa Seydoux ou Guillermo Del Toro.

L'explosion des jeux indépendant aux alentours de 2008 ont confirmé cette tendance de mettre en avant des créateurs, souvent à forte personalité, pour être l'image du jeu. Depuis quelques années nous assistons aussi à la multiplication d'art-book, de vinyles ou encore de livres d'analyses qui rendent hommage aux différents artistes et créateurs cachés derriere le nom d'un studio.

Depuis sa rupture avec Konami, son studio de développement possède même son nom, preuve si l’en est que Kojima est devenu un concept à lui seul et qu’il est devenu la star cachant le studio.

Et les toys dans tout ca ? Et bien si les figurines reprenant nos héros de jeux, sont légion qu'elles soient officielles ou parodiques, on compte sur les doigts d'une main les figurines s'intéressant aux créateurs. Cas quasi-unique, "Game designer" par Danil Yad nous montre Kojima qui porte un bébé en stase (les joueurs de Death stranding comprendront), à moins que ce bébé soit une métaphore de ses jeux qu'il porte à bout de bras depuis plusieurs décennies maintenant. Une avancée qui nous ramène encore une fois à ce débat séculaire : " les jeux vidéo sont ils de l'art et ses concepteurs des artistes ?". On peut être pour, arguant que certaines expériences transcendent artistiquement, visuellement ou scénaristiquement le medium JV, ou contre, après tout la fonction première du jeu est de divertir, et si Tetris est un excellent jeu, sa qualité d'œuvre d'art reste encore à démontrer...mais ceci est une autre histoire que nous aborderons peut être un jour.

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