Interview de Matt Leines

À l'occasion de la sortie de la figurine Tiger Bolts by Matt Leines, rencontre avec son créateur. Cette interview s'étant déroulée en anglais, elle est ici traduite. Vous pouvez trouver la version originale juste ici.

Comment êtes vous entré en contact avec l’ANP ? Pouvez vous nous expliquer rapidement en quoi l’ANP consiste ?

J’ai commencé à travailler avec « l’Artist Network program » de RVCA en 2003, à ce moment je commençais à exposer à Los Angeles. Ils travaillaient en étroite collaboration avec des artistes issus de la nouvelle scène artistique et je pense que mon travail s’intégrait parfaitement à leur recherche. Au début, nous collaborions juste sur des designs de T-shirt, mais au fil du temps nous avons élargi la gamme de vêtements et maintenant nous faisons cette figurine en vinyl. L’ANP a aussi subventionné plusieurs projets dans lesquels j’ai été impliqué années après années. Expositions, art urbain… Ils m’ont même donné un coup de main sur une galerie que j’ai aidé à diriger il y a quelques années.

Ton univers artistique est singulier, il puise dans le symbolisme, le surréalisme et pourtant il connecte le primitif et le moderne, es-tu d’accord avec cela?

Je suis complètement d’accord avec ça et je rajouterai que mon art a évolué avec le temps. Quand j’ai commencé à faire des dessins comme ça, je les considérais comme des artefacts fabriqués par les gens représentés sur ces mêmes dessins. Comme si une relique du passé venait tout juste d’être découverte. J’ai ensuite commencé à inclure de plus en plus d’images auxquelles j’étais exposé. Je suis collectionneur d’images et, de fait, j’ai des milliers de photos dont je m’inspire. Et puis, mon travail questionne les gens et cela me pousse à investiguer. Par exemple, lors de ma première exposition, quelqu’un m’ a demandé si j’étais familier avec l’art éthiopien. À l’époque, ce n’était pas le cas, mais ça m’a rendu curieux. Maintenant, en voyant la façon dont je dessinais les yeux à l’époque je comprends mieux le sens de la question.

Tu dépeins une épopée, un monde imaginaire, saurais-tu nous restituer tout cela?


Je dirais que c’est à la fois sans aucune temporalité et en même temps dans toutes les temporalités, surtout récemment, depuis que j’ajoute des inspirations du monde réel à mes travaux, que ce soient des objets qui m’entourent ou des thématiques politico culturelles de notre époque. Je commence tout juste une nouvelle série d’œuvres qui illustre bien cela, mais j'inclus aussi des allusions au temps des mythes et à des concepts futuristes… J’apprécie particulièrement l’ambiguïté qu’il peut y avoir dans mes œuvres avec une partie immédiatement familière mais qui va laisser la part belle à l’interprétation du spectateur grâce à des choix de représentation.

Que représentent ces personnages récurrents, ces hommes à moustaches, ces créatures, ce tigre… ?


De façon inconsciente, je pense que cela représente différents aspects de ma personnalité. Il y a certaines références à des images ancrées dans le passé, à des sujets de prédilection ou ou d’autres sujets moins personnels mais qui m’ont marqué. J’ai essayé d’élargir ma palette de personnages, et oui je dessinais beaucoup trop d’hommes moustachus à une époque. Aujourd’hui le but est d’être plus inclusif possible vis-à-vis de la diversité de mes personnages. Mais une chose est sure : il y aura toujours plus de tigres.

Pour revenir à l’ANP et plus particulièrement à RVCA, comment as-tu abordé l’idée de créer une collection?

Dernièrement, j’ai travaillé sur une série de portraits en noir et blanc. Il y avait des têtes et des épaules avec un style graphique très tranché pour le haut du visage et un champ de motifs, presque comme un paysage une fois sous les épaules. Ça me semblait parfaitement convenir pour une collection RVCA. Les visages comme élément graphique et les motifs répétitifs pour les pantalons, entre autres. Ensuite, la collection à commencé à s’élargir, incluant des tas d’articles que je n’avais jamais fait auparavant : des pulls en tricot, des vêtements de sport, et même des shorts de boxe ! J’avais tellement envie de défricher d’autre horizons vestimentaires que je n’aurais pas pu être plus heureux. J’ai vraiment hâte d’aller encore plus loin la prochaine fois.

Avant qu’on vous présente Artoyz, aviez-vous déjà une relation au Toy Design? À certains artistes référents dans le domaine?

Oui, je suis collectionneur de jouets bien que je gravite autour d’autres centres d’intérêt. J’ai une grande collection d’art populaire et plein de tigres Vintage en plastique en plus de plein d’autres trucs liés à ma jeunesse. J’aime l’esthétique des jouets contrefaits avec leurs proportions ratées et leurs moulages encore plus ratés que leurs peintures. Et bien sûr, je connais aussi la collection phénoménale de figurines que Kaws a produit.

Est-ce que leTiger Bolts, la sculpture en vinyle signifie quelque chose de spécial pour toi ? Conceptualiser une œuvre en 2D et même sa transposition en 3D doit être une sensation particulière, non ?

C’était tellement étrange comme sensation de voir le rendu 3D pour la première fois. Et ce dessin en particulier que j’ai fait il y a presque 20 ans. C’était le premier design de T-shirt réalisé pour RVCA. C’est donc une image marquante, probablement mon dessin le plus vu grâce à l’usage qu’en a fait RVCA. Donc voir à quoi ressemble ce tigre que ce soit du dessus ou de chaque côté, c’était un rêve depuis longtemps.

Si tu avais l’occasion de convertir un autre de tes travaux en figurine, ce serait lequel ?

C’est vraiment dur comme question. Il y a tellement de personnages que j’aimerais faire en figurine. Je je répondrais tous si je pouvais.

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