Animation et Toy Design 1963 - 1986 (Troisième partie)

Vous le savez sûrement déjà, mais chez Artoyz, on est plutôt friands de films d'animation. Qu'ils soient d'un temps ou la couleur n'existait pas sur les écrans, ou d'une époque plus récente dans laquelle la guerre des particules et rendu 3D est ouverte, les films d'animation sont un pan essentiel du 7e art, d'autant plus en France qui est une terre fertile sur ce domaine. De ce fait, nous avons eu envie de nous intéresser à l'histoire de l'animation de sa création à aujourd'hui, et de comment l'animation inspire le milieu du toy design. Ce dossier est la trosième partie d'une série d'au moins cinq articles (l'auteur de ces lignes n'étant actuellement pas encore certain du nombre d'articles nécessaires pour rendre digeste cette grande épopée animée).Si les informations ci-dessous proviennent de plusieurs sources et connaissance personnelles, il est important de citer le site de l'université populaire des images qui fut d'une aide plus que précieuse avec sa frise chronologique absolument fascinante.

Belvision

En 1954, Raymond Leblanc, éditeur du journal de Tintin, se lance dans la création d'un studio qui a pour but de d'animer plusieurs héros de bande dessinée, il s'agit de Belvision. Dès 1959, le studio se lance dans une série animée Tintin adaptant sept aventures le temps de 102 épisodes de 5 minutes.

D'une qualité relative, la série est aujourd'hui complètement oubliée, la faute à celle de 1991 qui a réussi à combler les fans et les critiques.


C'est donc avec les longs métrages que Belvision s'est fait un nom dans l'animation française. À en croire Internet, le premier long-métrage du studio est La queue du Marsupilami en 1963. La bande dessinée "Le nid du Marsupilami" datant de 1960, il se pourrait que le film en soit une adaptation cependant puisqu'il est impossible d'en trouver une quelconque trace, le film est une légende urbaine. Si toutefois un lecteur bien renseigné a des informations sur le film, il peut m'envoyer un mail à l'adresse suivante : adrien@artoyz.com.

On occultera l'affaire tournesol de 1964 qui est un remontage de la dernière saison de la série animée, il faudra attendre 1965 pour voir la première adaptation du studio avec Pinnochio dans l'espace ?

Un an plus tard, Belvision passe à la vitesse supérieure en adaptant "Asterix le Gaulois". Petit problème, Goscinny et Uderzo ne sont pas tenu au courant de cette adaptation. S'en suit donc une brouille légitime et la destruction des adaptations de la serpe d'or et du combat des chefs, adaptations qui avaient été préparées en même temps que le premier film. Puisque tout n'est pas noir, Uderzo et Goscinny exigeront d'être partie prenante dans les adaptations suivantes ce qui donnera l'excellent Asterix et Cléopatre en 1968.

Un an plus tard, nouveau film avec Tintin et le temple du soleil, son scénario qui inclut aussi les septs boules de cristal, son animation de qualité et sa musique de Jacques Brel.

En 1971, c'est une nouvelle étape que franchit le studio en créant une aventure inédite du cow-boy le plus célèbre du neuvième art : Lucky Luke. En collaboration avec les auteurs et Pierre Tchernia, le film permettra à Belvision de créer par la suite l'unique aventure inédite de Tintin avec Tintin et le Lac aux Requins en 1972.

Le studio continuera ensuite, connaîtra un gros passage à vide avant de revenir sur le devant de la scène grâce au Asterix d'Alexandre Astier et surtout le sublime La tortue rouge.

Un sous-marin jaune

En 1968, mais à des centaines de kilomètres de notre douce France, un petit groupe anglais se retrouve dans un long-métrage animé. Il s'agit, vous l'aurez sûrement deviné, des Beatles et le film n'est autre que Yellow Submarine.

Puisque les musiques sont aussi diffusées indépendamment du film, on peut considérer Yellow Submarine comme un précurseur du clip bien que le mariage entre animation et musique date des années 20. Le clip animé continuera de se faire une place dans l'univers de la musique que ce soit avec Take on Me et sa célèbre rotoscopie ou encore Gorillaz et les nombreuses incartades animées de Jamie Hewlett.

Et puisque nous parlons de Gorillaz, c'est l'occasion de vous rappeler qu'il nous reste encore quelques exemplaires des figurines Gorillaz de Superplastic (en attendant des nouveautés qui arriveront incessamment sous peu).

Retrouvez les ici

Restons dans le milieu de la musique avec la création de MTV en 1981. La chaîne spécialisée dans la diffusion de clips, fera beaucoup pour l'animation que ce soit grace à ses habillages chiadées ou encore la profusion de clips divers diffusés sur son antenne.

L'animation pour adultes.

Dans les années 60, Robert Crumb publie des histoires d'un personnage subversif et haut en couleurs : Fritz the Cat. Mais c'est en 1972 que ledit chat devient un véritable phénomène avec une adaptation au cinéma par Ralph Bakshi. Ce fut le premier film d'animation à recevoir le classement X aux Etats Unis et son coté subversif en fit un succès mondial.

Énorme bras d'honneur à l'omniprésence de Disney, le film fut renié par Crumb qui n'hésita pas à tuer son personnage en 1972.

Et si vous vous intéressez un peu à la bande dessinée, je ne peux que vous recommander les trois volumes des Sketchbook de Crumb.

Retrouvez les ici

Bakshi continuera à réaliser des films d'animation pour adultes avec une surprenante adaptation du seigneur des anneaux, Fire and Ice ou encore le très surprenant ( et assez médiocre) Cool World.

Plus près de chez nous, nous pouvons citer Picha, réalisateur belge qui eu son moment de gloire en 1975 avec La honte de la Jungle (lui aussi classé X), puis en 1980 avec Le chainon manquant.

Bien des années plus tard, en 1984, on voit l'apparence de la premiere serie animée Hentai (dessin animé japonais pornographique) sous le nom de Lolita Anime ( et non il n'y aura pas d'illustrations ou de vidéos, cet article restera tout public).

L'île aux enfants

Revenons à des sujets plus leger avec ce formidable incubateur que fut L'île aux enfants en 1974. En plus d'avoir popularisé Sesame Street en France, l'emission fut un terrain d'experimentation pour l'animation francaise avec des séries comme Gribouille, la noiraude ou encore La Linéa.

Il est maintenant et tristement l'heure de se quitter, on se retrouve la semaine prochaine pour parler de l'explosion du manga en France grâce au club Dorothée, du roi et l'oiseau, de Ghibli, bref des années 80.

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